Lionel Laparade, Rédacteur en chef de La Dépêche du Midi : « une nouvelle formule pour accélérer le digital-first »

Entretien avec Lionel Laparade, Rédacteur en chef de La Dépêche du Midi. À l’occasion du lancement de la nouvelle formule du journal qui se veut plus moderne, plus confortable en termes de lecture, découvrons les nouvelles intentions de la rédaction qui a vu ses audiences numériques augmenter de plus de 95%.

David Sallinen – Pourquoi était-il important de vous renouveler et à quels objectifs cette nouvelle formule répond-elle ?

Lionel Laparade – Nous avions besoin d’une formule plus moderne et confortable en termes de lecture car la précédente avait beaucoup vieilli par rapport aux standards graphiques et typographiques.

Grâce à cette nouvelle formule, nous allons disposer de formats beaucoup plus variés, afin de mieux valoriser nos sujets. Nous allons également accorder davantage de place aux enquêtes, dossiers, interviews pour justement apporter une plus grande richesse de contenus et de formats. Cette nouvelle formule valorise également notre séquence Grand Sud qui constitue la richesse de La Dépêche du Midi.



DS – En quoi cette nouvelle formule va vous permettre de concrétiser vos nouvelles ambitions ?

LL – Nous voulons avoir une plus grande exigence sur la qualité, c’est-à-dire plus de contenus locaux variés avec plus de profondeur. D’autant plus que sur nos territoires nous sommes le média dominant avec la rédaction de journalistes professionnels la plus importante et cela nous impose davantage d’exigence et de rigueur. La Dépêche est le miroir le plus précis, le plus respectueux et le plus juste pour traiter de la vie sur nos territoires. Cette question est essentielle pour nous car le premier levier de conversion à l’abonnement numérique est le contenu local. D’ailleurs, l’objectif de cette nouvelle formule est également de faciliter notre politique multimédia, multisupports en disposant d’une maquette print qui puisse accélérer les logiques digital-first à l’aide de formats adaptés.

Nous avons également voulu conserver la Une mono titre que nous avons expérimentée durant la période de confinement du fait que nous n’avions plus qu’un seul cahier et non deux. En effet, nous avons pu mesurer l’intérêt et la force de mettre un seul sujet en avant. Ce choix est très exigeant et du fait du format berlinois de notre journal, le sujet est vraiment mis en valeur. C’est pourquoi, nous avons voulu conserver cet atout dans la nouvelle formule.

DS – Qu’avez-vous appris de la crise sanitaire ?

LL – Du jour au lendemain, lors du premier confinement, notre réseau de distribution s’est arrêté, la plupart de nos points de vente ont plié boutique ou encore La Poste s’est mis à distribuer de manière erratique nos journaux. Grâce aux efforts et l’implication des porteurs durant cette période difficile, nous avons pu limiter les dégâts et conserver ce lien avec le lecteur.

Ainsi, malgré les consignes données aux Français et aux habitants de la région de rester chez eux, malgré la difficulté de trouver La Dépêche du Midi, il y a eu 7 lecteurs sur 10 qui ont continué à lire notre journal papier et nous avons augmenté de 95% notre audience sur le numérique. Cette situation inédite a permis de révéler la puissante marque de fidélité à notre titre et notre capacité à attirer de nouvelles audiences. Cette nouvelle formule est là pour nous aider à poursuivre nos efforts.